<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Lyriann Alkinoos, r&#xe9;alisateur (Ghislain Pardo)</title><link>http://alkinoos.canalblog.com/</link><description>En attendant la remise en route de mon site professionnel, voici mon blog pour qui cherche &#xe0; me conna&#xee;tre, voir mes films, consulter mes r&#xe9;f&#xe9;rences et mon CV.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Mon, 07 Jul 2008 04:09:41 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Commentaire sur mon film exp&#xe9;rimental</title><dc:creator>Lyriann</dc:creator><link>http://alkinoos.canalblog.com/archives/2007/04/23/4722593.html</link><category>FICTIONS</category><comments>http://alkinoos.canalblog.com/archives/2007/04/23/4722593.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://alkinoos.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/4722593/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://alkinoos.canalblog.com/archives/2007/04/23/4722593.html</guid><description>&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt; fut pour moi un processus de cr&#xe9;ation tr&#xe8;s fort, une d&#xe9;marche purement personnelle comme un &#xe9;crivain r&#xe9;digeant un livre, un peintre composant un tableau ou un photographe prenant des photos. En r&#xe9;alit&#xe9;, et c’est l&#xe0; que le processus a &#xe9;t&#xe9; profond&#xe9;ment lib&#xe9;rateur pour moi, sans violence, je n’ai pas cr&#xe9;&#xe9; l’image pour l’interroger mais elle s’est plut&#xf4;t manifest&#xe9;e devant mes yeux. Certes, je suis all&#xe9; la chercher, mais sans attendre quoi que ce soit d’elle, sans intention r&#xe9;elle de prendre pouvoir sur elle. Je l’ai accueillie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Les plans de &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt; ont &#xe9;t&#xe9; tourn&#xe9;s &#xe0; l’origine pour &#xe9;prouver seulement le plaisir exp&#xe9;rimental d’&#xea;tre tourn&#xe9;s, sans que j’ai l’intention de les employer dans un montage pour en faire un film. Ces plans ne r&#xe9;pondent donc &#xe0; aucun d&#xe9;sir si ce n’est &#xe0; mes pulsions du moment. Ils sont vierges et purs, li&#xe9;s &#xe0; une rencontre avec le r&#xe9;el et &#xe0; l’exploration d’un inconnu. David Yon&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;dit d&apos;ailleurs dans son article &amp;quot;Exp&#xe9;rimentation, le quatri&#xe8;me pied&amp;quot; sur &lt;a href=&quot;http://www.net4image.com/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#5a00ff&quot;&gt;www.net4image.com&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; : &#xab; Pour exp&#xe9;rimenter, il ne faut pas avoir peur d’aller vers des choses inconnues, au contraire il faut inviter le vide pour qu’il nous emporte partout et nulle part, il faut tendre vers cet ensemble du possible. &#xbb;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La majorit&#xe9; des plans du film ont trois ans d’&#xe2;ge. En r&#xe9;alit&#xe9;, ils &#xe9;taient par&#xe9;s pour voyager en montage en 2006 et se rencontrer pour perdre cette virginit&#xe9; li&#xe9;e &#xe0; leur naissance et, d&#xe9;sirant faire un film exp&#xe9;rimental, je m’en suis r&#xe9;empar&#xe9;. Cela a &#xe9;t&#xe9; une fa&#xe7;on de renouer avec un pass&#xe9; douloureux tout en prenant des distances par rapport &#xe0; lui, car la p&#xe9;riode du tournage de ces plans correspond &#xe0; une crise violente et forte que j’ai v&#xe9;cue au retour de mon p&#xe9;lerinage de Saint-Jacques de Compostelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand l’heure du montage est arriv&#xe9;e, en janvier 2006, je me suis laiss&#xe9; porter par ce que je ressentais, ne sachant pas dans quoi j’allais m’engouffrer, tout en red&#xe9;couvrant ces plans rest&#xe9;s trois ans en stase dans des cassettes mini-DV rang&#xe9;es au fond d’un carton. Ainsi, ma d&#xe9;marche n’a pas &#xe9;t&#xe9; pens&#xe9;e, intellectualis&#xe9;e, et encore moins sc&#xe9;naris&#xe9;e ; un sc&#xe9;nario aurait &#xe9;t&#xe9; pour moi une fa&#xe7;on de d&#xe9;sacraliser l’œuvre en gestation. Je ne voulais pas rendre compte de mes intentions, ne sachant m&#xea;me pas moi-m&#xea;me o&#xf9; ce film allait me mener. Et le th&#xe8;me du film s’est impos&#xe9; &#xe0; moi comme une &#xe9;vidence d&#xe9;but d&#xe9;cembre : la naissance. (Sans savoir que j’allais &#xea;tre p&#xe8;re quelques mois plus tard…)&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Car, depuis trois ans, j’&#xe9;tais &#xab; enceint &#xbb; de ce film (D&#xe9;sirez-vous conna&#xee;tre le sexe du film ?... Il est androgyne !). Celui-ci parle en r&#xe9;alit&#xe9; plus de ma propre re-naissance que de naissance. Et ce qui est int&#xe9;ressant, c’est qu’aux derni&#xe8;res heures du montage, j’ai r&#xe9;alis&#xe9; que ce film avait des liens avec le mythe d’Orph&#xe9;e et de sa descente aux enfers pour sauver son Eurydice. Cela m’a &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;v&#xe9;l&#xe9; apr&#xe8;s coup. Et, de ce fait, j’ai demand&#xe9; &#xe0; Eurydice, amie de Laurent, mon sound designer, de bien vouloir faire la voix de la femme dans le film &#xe9;voquant le sch&#xe8;me mythique du retournement d’Orph&#xe9;e. C’est le seul instant dans la r&#xe9;alisation de ce film o&#xf9; je me suis empar&#xe9; d’une id&#xe9;e forte qui a resurgit pour orienter le film sur ce terrain mythologique. Tout le reste n’est qu’accueil de ce qui s’est pr&#xe9;sent&#xe9; &#xe0; moi et d&#xe9;coule de choix li&#xe9;s &#xe0; de l’esth&#xe9;tisme et &#xe0; ma sensibilit&#xe9; du moment. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Avec le recul, je me rends compte que mes plans ont &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;alis&#xe9;s dans la posture mentale d’un photographe. Mon approche est ainsi dans un premier temps beaucoup plus photographique que filmique dans &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt;, car les plans ont surgit selon mes envies du moment, un peu comme je le fais avec un appareil photo. J’aime la macro en photographie. J’ai l’impression d’aller au cœur du r&#xe9;el et de le transformer par effet de grossissement. Pour moi, il s’agit d’une dilatation de la pulsion scopique de mon œil. Je fais beaucoup de photos ax&#xe9;es sur la texture des &#xe9;l&#xe9;ments physiques qui se pr&#xe9;sentent devant l’objectif de mon appareil photographique : &#xe9;corce, surfaces r&#xe9;fl&#xe9;chissantes, lumi&#xe8;re en mouvement, sable, nuages etc. Je suis inconsciemment dans une posture graphique. Quant &#xe0; l’acte cr&#xe9;ateur de filmer, tout comme celui de prendre une photo, il r&#xe9;pond &#xe0; un appel, une perception int&#xe9;rieure, loin du conceptuel et du monde des id&#xe9;es. Tout est ainsi manifestation d’un regard de photographe &#xe0; la recherche au fond de lui de son &#xe9;tincelle, de son &#xe9;toile, d’une lumi&#xe8;re prismatique qui confine au flou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et cela passe &#xe9;galement par une d&#xe9;marche picturale abstraite proche de celle que pourrait avoir un peintre : dans mon approche de la texture et de la mati&#xe8;re, peinte avec le &amp;quot;pinceau&amp;quot; d’After Effect ou de Combustion, les logiciels d&apos;effets sp&#xe9;ciaux employ&#xe9;s pour le film, je fais pulser la lumi&#xe8;re et l’ombre, anamorphosant ce que je filme. Parfois, je les fais basculer dans un monde abstrait, r&#xe9;p&#xe9;titif, au temps dilat&#xe9; ou comprim&#xe9; par ralenti et acc&#xe9;l&#xe9;ration des plans.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Sur le plan du montage, je pratique l’&#xab; art musical de la combinatoire &#xbb; (comme le dit Yann Beauvais dans &#xab; D&#xe9;cadrer le cin&#xe9;ma &#xbb; sur &lt;a href=&quot;http://www.arpla.univ-paris8.fr/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#5a00ff&quot;&gt;www.arpla.univ-paris8.fr&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;) en laissant venir &#xe0; moi les ruptures, les cassures, les brusques entr&#xe9;es dans le noir, cr&#xe9;ant un effet de morcellement. Les plans interagissent entre eux, augmentant leur potentiel sensoriel, et donnent acc&#xe8;s &#xe0; mon drame int&#xe9;rieur. &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt; est de ce fait beaucoup plus proche de ce que je suis vraiment. Il est bien un film exp&#xe9;rimental selon les crit&#xe8;res qu’en donne Jean-Claude Bustrose &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;in&lt;/span&gt; &#xab; Le cin&#xe9;ma exp&#xe9;rimental &#xbb; sur &lt;a href=&quot;http://www.horschamp.qc.ca/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#5a00ff&quot;&gt;www.horschamp.qc.ca&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; : &#xab; L’invention [y] est &#xe0; l’&#xe9;tat pur. [...] Les rep&#xe8;res ne sont pas ceux d’un langage mais bien ceux d’un individu […] On se retrouve devant une intimit&#xe9; parfois d&#xe9;concertante. &#xbb; Et Fr&#xe9;d&#xe9;ric Tachou d&apos;ajouter dans &#xab; Politique exp&#xe9;rimentale d’un r&#xe9;alisateur de film &#xbb;, sur &lt;a href=&quot;http://www.revuebleue.free.fr/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#5a00ff&quot;&gt;www.revuebleue.free.fr&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; : &#xab; [Le] territoire [du film exp&#xe9;rimental] n’a pas de fronti&#xe8;re herm&#xe9;tique [...]. [Il] d&#xe9;signe tout ce qui appartient &#xe0; la sph&#xe8;re d’activit&#xe9; d’un individu particulier, &#xe0; sa facult&#xe9; d’utiliser les outils mis &#xe0; sa disposition. Pour lui aussi, faire des films et interroger de tous ses moyens intellectuels, au mieux agr&#xe9;ment&#xe9;s d’ironie, au pire de candeur, le vaste monde des images et l’art de les agencer. Ces images sont des images particuli&#xe8;res comme lui est un individu particulier, invitant les autres &#xe0; accepter, dans une r&#xe9;conciliation r&#xe9;concili&#xe9;e, ses choix, ses go&#xfb;ts, ses envies. &#xbb;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Par une alchimie de tous mes paradoxes et dualit&#xe9;s, sublim&#xe9;e en moi par la symphonie de l’ombre et de la lumi&#xe8;re, j’ai cr&#xe9;&#xe9; lors d’un montage serein une unit&#xe9; de sens. Ainsi, les images naissent et meurent dans ce film aussit&#xf4;t venues au monde, comme des papillons. Parfois elles se collusionnent en fondu et surimpression ou se collisionnent par un &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;cut&lt;/span&gt; visuel et sonore, pour inviter le spectateur au privil&#xe8;ge d’aller au-del&#xe0; de son propre espace psychique. Celui-ci peut refuser l’immersion, ce que je peux totalement comprendre car cet univers est herm&#xe9;tique. Il est sombre, parfois morbide, mais il conduit vers ma vie, vers ma propre libert&#xe9; de cr&#xe9;ation. De ce point de vue, &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt; est bien &#xe0; consid&#xe9;rer comme &#xab; un film sans solution mais ouvert afin de laisser passer le vent frais de la vie &#xbb; comme le dit David Yon.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt;, c’est mon univers : complexe et inexplicable, et c’est tout. Il n’y a rien &#xe0; dire, rien &#xe0; juger. Il exige de se d&#xe9;sarmer de ses propres pr&#xe9;jug&#xe9;s pour &#xea;tre dans l’adh&#xe9;sion de ce que je suis vraiment, totalement, lib&#xe9;r&#xe9; de mes entraves intellectuelles. Je pense en fait que pour l’aborder, il y a n&#xe9;cessit&#xe9; de l&#xe2;cher prise sur notre fa&#xe7;on de voir le monde des images, d’oublier nos pr&#xe9;jug&#xe9;s et les codes classiques du film de fiction , comme si cela allait de soi.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;En r&#xe9;alit&#xe9;, je suis devenu un cin&#xe9;aste peintre, ce qui fait de moi un artiste solitaire dans sa d&#xe9;marche. Peut-&#xea;tre est-ce pour moi un passage oblig&#xe9; pour l’instant : &#xea;tre seul dans mon processus de cr&#xe9;ation avant m&#xea;me de travailler en &#xe9;quipe. En ce sens, &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt; est r&#xe9;v&#xe9;lateur d’une d&#xe9;marche introspective. Certains effets visuels ont &#xe9;t&#xe9; rajout&#xe9;s pour accentuer les couleurs. Mais les effets sont venus en fait vers moi car je n’ai fait que vagabonder dans After Effect ou Combustion, testant les effets d’incrustation jusqu’&#xe0; ce que cela me convienne, sans chercher &#xe0; aller plus loin, si ce n’est sublimer la lumi&#xe8;re d&#xe9;riv&#xe9;e, r&#xe9;fl&#xe9;chie sur la mati&#xe8;re qui se pr&#xe9;sentait. Je n’ai pas h&#xe9;sit&#xe9; par ailleurs &#xe0; me &#xab; mettre en sc&#xe8;ne &#xbb;, &#xe0; utiliser des plans de moi malgr&#xe9; la pudeur de mes sentiments. Je ne cherchais pas &#xe0; obtenir un r&#xe9;sultat au final : tout au plus, et l&#xe0; est ma d&#xe9;marche exp&#xe9;rimentale, je prenais la cam&#xe9;ra et en filmant les &#xe9;corces des arbres en macro, ou &#xe0; travers du verre, r&#xe9;duisant la vitesse d&apos;obturation du camescope, je d&#xe9;ployais devant moi des possibles d’image, tout un univers inattendu, dans la juste place de voir ce que cela rendait. Il en est de m&#xea;me des jeux d’ombres et de lumi&#xe8;re, de mes doigts film&#xe9;s en tr&#xe8;s gros plan. Le rendu rouge sang &#xe9;tait pour moi un instant magique et j’ai ressenti le besoin de manifester tout un univers, tout en &#xe9;cartant les doigts devant l’iris de la mini-DV et le r&#xe9;sultat est ce qu’il est : un effet organique cr&#xe9;ant un espace ut&#xe9;rin. Tout me semble en r&#xe9;alit&#xe9; fond&#xe9; depuis le d&#xe9;but dans ce film : sans aucune volont&#xe9; de cr&#xe9;er quelque chose, je me laissais guider par ce que je ressentais, j’&#xe9;tais &#xe0; l’&#xe9;coute de moi-m&#xea;me et du monde dans le moment pr&#xe9;sent et rien d’autre ne comptait. Ce film exp&#xe9;rimental est donc bien la manifestation d’&#xab; un art personnel, un art qui aurait aussi la particularit&#xe9; de questionner, au travers de ses outils, ce qu’est le cin&#xe9;ma... &#xbb; comme le dit Yann Beauvais.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Toute la musique de ce film est li&#xe9;e au hasard de ma rencontre avec des musiques du moment sur lesquelles je suis tomb&#xe9; au cours de mon montage : parmi les sons que mon sound designer Laurent Sola m’a laiss&#xe9; entre les oreilles, il y avait par exemple le disque &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;The Serpent’s Egg&lt;/span&gt; de Dead Can Dance. Et T&lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;he Host of Seraphim&lt;/span&gt;, dont il est issu, a &#xe9;t&#xe9; une musique solennelle bienvenue pour la sc&#xe8;ne de la naissance. Il en est de m&#xea;me de &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;La Qu&#xea;te&lt;/span&gt; de Jacques Brel (que j&apos;ai oubli&#xe9; de citer dans le g&#xe9;n&#xe9;rique de fin) et, par un bel hasard, le rythme de la sc&#xe8;ne finale des retrouvailles, dans &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;La Femme dans la Lune&lt;/span&gt; de Fritz Lang, collait magnifiquement au rythme de la chanson. C’est ainsi un &#xe9;trange sentiment qui en r&#xe9;sulte : c’est comme si toutes les choses dans mon processus de cr&#xe9;ation trouvaient leur place.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;De m&#xea;me, les textes cit&#xe9;s dans le film (&lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;Ainsi parlait Zarathoustra&lt;/span&gt; de Nietszche ou &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;El Desdichado&lt;/span&gt; de G&#xe9;rard de Nerval par exemple) sont pr&#xe9;sents uniquement parce que j’&#xe9;tais en train d’explorer &#xe0; l’&#xe9;poque ces auteurs. Et je me suis laiss&#xe9; porter par eux, entrant en r&#xe9;sonance avec leur essence po&#xe9;tique.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Cependant, un &#xe9;l&#xe9;ment majeur cimente ce film : c’est le son. Celui-ci contribue fortement &#xe0; entretenir l’atmosph&#xe8;re et le ton du film, avec l’apparition parfois du silence qui n’est qu’une juste retomb&#xe9;e d’un souffle retenu. Le rythme est peut-&#xea;tre ainsi in&#xe9;gal, car trop s&#xe9;quenc&#xe9; du fait de brusques ruptures, mais peu importe : un voyage au cœur du sensible, et encore moins une descente aux enfers, ne peut &#xea;tre tout lisse : il est &#xe9;galement chaotique et changeant.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Le son est ainsi la nourriture sensorielle pr&#xe9;cieuse des images de &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt;. Son apport est venu sans cesse alimenter mon imaginaire. Certains sons ont &#xe9;t&#xe9; collect&#xe9;s en amont et ont contribu&#xe9; &#xe0; b&#xe2;tir le montage. Certains ont directement &#xe9;t&#xe9; enregistr&#xe9;s sur un micro : gong tib&#xe9;tain, frottement m&#xe9;tallique, voix, souffle de la respiration, etc. ; tandis que d’autres m’ont &#xe9;t&#xe9; propos&#xe9;s par Laurent Sola, qui, une fois impr&#xe9;gn&#xe9; de mes images, a jou&#xe9; avec les &#xe9;chantillons, modulant le pitch, l’equalizer, la reverb etc. Et, une fois le montage termin&#xe9; et la post-production sonore engag&#xe9;e, j’ai laiss&#xe9; les cr&#xe9;ations sonores de Laurent s’accoupler &#xe0; mes images. Ce fut un v&#xe9;ritable d&#xe9;lice, comme si un concert audiovisuel &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; compos&#xe9; depuis bien longtemps... J’ai malgr&#xe9; tout impos&#xe9; certains choix au sound designer : Laurent a longuement insist&#xe9;, par exemple, pour enlever la saturation de certains sons, dont le premier du film (un long g&#xe9;missement sur fond noir), mais l’effet de saturation &#xe9;tait si imparfait, si peu agr&#xe9;able &#xe0; &#xe9;couter, que j’ai pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; le laisser tel quel. Je voulais conserver cet effet sale, cette dimension &#xab; brut de d&#xe9;coffrage &#xbb; du son. Car le son ne fait qu’&#xab; ouvrir un coffre &#xbb; : celui d’une r&#xe9;alit&#xe9; int&#xe9;rieure affranchie de toutes normes ou codes qui auraient pu m’encha&#xee;ner &#xe0; mon œuvre.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Ce film remplit bien ainsi la part du contrat li&#xe9; au film exp&#xe9;rimental, comme l’a si bien r&#xe9;sum&#xe9; Germaine Dulac en 1932 : &#xab; On peut qualifier d’exp&#xe9;rimental tout film dont la technique utilis&#xe9;e, en vue d’une expression renouvel&#xe9;e de l’image et du son, rompt avec les traditions &#xe9;tablies pour chercher dans le domaine strictement visuel et auditif des accords path&#xe9;tiques et in&#xe9;dits. Le film exp&#xe9;rimental ne s’adresse pas au simple plaisir de la foule. Il est &#xe0; la fois plus &#xe9;go&#xef;ste et plus altruiste. &#xc9;go&#xef;ste, puisque manifestation personnelle d’une pens&#xe9;e pure ; altruiste, puisque d&#xe9;gag&#xe9; de tout souci autre que le progr&#xe8;s. Le film exp&#xe9;rimental d’inspiration sinc&#xe8;re &#xe0; cette qualit&#xe9; primordiale de contenir en germe, sous une apparence parfois inaccessible, les d&#xe9;couvertes susceptibles d’acheminer les films vers la forme cin&#xe9;matographique des temps futurs. L’exp&#xe9;rimentation na&#xee;t &#xe0; la fois de la critique du pr&#xe9;sent et de la prescience de l’avenir. &#xbb; (Cit&#xe9;e par Dominique Pa&#xef;ni, sur &lt;a href=&quot;http://www.cineclubdecaen.com&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#5a00ff&quot;&gt;www.cineclubdecaen.com&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt; n’a aucune finalit&#xe9; en soi si ce n’est d’exprimer ce que je suis. Cependant il en ressort tout de m&#xea;me l’id&#xe9;e selon laquelle le processus de cr&#xe9;ation d’un film de ce genre pose l’enjeu r&#xe9;el du geste cr&#xe9;ateur. Il s’agit d’ailleurs d’un geste qui ouvre sur une dimension m&#xe9;taphorique dans le but inconscient d’&#xab; insuffler de la po&#xe9;sie dans l’image, [de] r&#xe9;aliser un film qui ne soit pas dans le savoir mais dans l’exp&#xe9;rience et la sensation &#xbb; (David Yon, &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;op. cit.&lt;/span&gt;) Alain Menil ajoute &#xe0; ce propos, dans &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;L’&#xc9;cran du Temps&lt;/span&gt; : &#xab; Avant d’&#xea;tre prose, l’image est po&#xe9;sie, [c’est-&#xe0;-dire tentant] de demeurer fid&#xe8;le &#xe0; la virtualit&#xe9; d’un sens toujours multiple, &#xe0; la plasticit&#xe9; d’une v&#xe9;rit&#xe9; qui ne s’est pas encore raidie sous l’emprise d’un cadre d&#xe9;finitivement clos. &#xbb;.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Et &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt;, diluant la r&#xe9;alit&#xe9; et le r&#xe9;el saisi dans son &#xea;tre-l&#xe0;, cis&#xe8;le et rend &#xe9;lastique le temps du film par des proc&#xe9;d&#xe9;s artificiels et virtuels. Et ce temps sacr&#xe9; est propice &#xe0; la mise au monde d’instants limpides, intimes et secrets, de sensations qui touchent au plus profond de la psych&#xe9;. Mon film fait ainsi partie d’un cin&#xe9;ma qui s’affranchit d’une narration classique, en ouvrant les portes du doute et de l’incertitude dans un labyrinthe d’images, de stases. Par stase, Alain Menil entend le plan, l’image, comme &#xab; un r&#xe9;ceptacle [...], produit final du style transcendental [...], forme capable de recevoir de l’&#xe9;motion profonde, contradictoire, et de la transformer en l’expression de l’unifi&#xe9;, du permanent, du transcendant. &#xbb;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;La lumi&#xe8;re, qui est v&#xe9;cue comme mystique chez moi, est le fil d’ariane de &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt;. La lumi&#xe8;re mystique se situe ici dans une perspective m&#xe9;taphysique : elle &#xab;&amp;nbsp; n’est pas mystique par elle-m&#xea;me, mais le devient par la transcendance que l’homme inspir&#xe9; lui attribue. Elle &#xe9;pouse la forme que la volont&#xe9; de l’artiste lui conf&#xe8;re &#xbb;, &#xe9;crit Henri Alekan dans &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;Des lumi&#xe8;res et des ombres&lt;/span&gt;. Il dit plus loin que son r&#xf4;le est alors &#xab; de nous contraindre &#xe0; parcourir un espace selon la volont&#xe9; de l’artiste, pour nous enfermer dans le labyrinthe de ses pens&#xe9;es et nous en impr&#xe9;gner profond&#xe9;ment. &#xbb;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lumi&#xe8;re est en outre la cl&#xe9; de l’&#xe9;nigme que je poursuivrai toujours dans mes films. Rendre &#xe0; la lumi&#xe8;re sa plus belle expression est ainsi pour moi capital : je suis sensible &#xe0; sa radiance sur les visages des acteurs des films expressionnistes, &#xe0; son impact psychologique sur le spectateur, &#xe0; sa plasticit&#xe9;. Elle me fascine car sa beaut&#xe9;, inh&#xe9;rente &#xe0; sa diffusion ou sa direction, est g&#xe9;n&#xe9;ratrice de vie par modelage ou flout&#xe9; de la forme qu’elle exalte ou qu’elle dissout. Ainsi est-elle partisane, hi&#xe9;rarchisante, en dialogue permanent avec l’ombre, engendrant contraste, densit&#xe9; et opacit&#xe9;.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; MARGIN: 0in; FONT-FAMILY: &apos;Trebuchet MS&apos;; mso-outline-level: 1;text-align: justify;&quot;&gt;Ainsi ai-je soumis dans &lt;span style=&quot;FONT-STYLE: italic;&quot;&gt;N&#xe9;oolith Proxima&lt;/span&gt; mon th&#xe8;me &#xe0; la lumi&#xe8;re : univers sensible. Elle est densit&#xe9; affective et existentielle qui trouve sa pleine force d’expression dans la figure de l’&#xc9;toile. De ce fait, par le biais de la lumi&#xe8;re de l’&#xe9;toile qui me guide, se dessine mon secret cheminement de cin&#xe9;aste qu’il reste peut-&#xea;tre &#xe0; &#xab; d&#xe9;-crypter &#xbb;, &#xe0; faire sortir de la tombe. Le dernier plan du film, celui du canal, avant de sombrer dans un dernier fondu au noir, se veut donc la m&#xe9;taphore de mon propre parcours artistique, qui est aussi la recherche d’une transcendance. Et, inconsciemment, je tente de franchir et de m’&#xe9;manciper au final de ma propre tourmente, pour atteindre ce que toute œuvre artistique, qu’elle soit audiovisuelle ou non, m’aide &#xe0; accomplir lorsqu’elle &#xe9;merge : l’&#xca;tre, dont l’&#xc9;toile est le symbole.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 23 Apr 2007 20:21:57 GMT</pubDate></item></channel></rss>